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Les questions que j'aurais aimé poser à Corbeyran...

de Vorpalin
Sam 17 Sept 2016, 00:46
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(suite du titre) ... concernant les nombreuses invraisemblances/manque de logique/incompréhensions et que je n'aurai hélas jamais l'occasion de lui poser.

Je me suis attelé très récemment à une relecture complète de la saga des stryges (série-mère et séries dérivées) en commençant cette fois chronologiquement, c'est à dire par Le Clan des Chimères, dont je viens de terminer les 6 tomes.
Mais au fil de ma lecture, je n'ai pas pu m'empêcher d'être souvent déconcerté et de me poser plein de questions gênantes.
Pour n'en citer que 7 (qui semble être un chiffre très présent dans la saga)

1. Pourquoi les stryges de cette série sont rouges (enfin... rouges vifs dans les trois premiers tomes et brun foncés dans les trois autres) alors que, dans le texte, Corbeyran les décrits comme étant noirs (d'ailleurs, ils sont bien noirs dans la série-mère).

2. Pourquoi faire perdre leurs souvenirs à Abeau et Cylinia tout à la fin... pour ensuite introduire un personnage qui leur raconte (à nouveau) toute l'histoire ?

3. Pourquoi Cylinia est-elle aussi haineuse (voir carrément horrible) pendant toute l'histoire ? Certes, elle reproche à son géniteur de ne s'être jamais soucié d'elle pendant toutes ces années. Certes, sa mère a été brûlée comme sorcière.
Mais sa haine me paraît toutefois fort outrancière, d'autant que :
- à considérer son caractère bien trempé, elle ne devait pas tant que ça être du genre à pleurer après un papounet absent
- l'immolation de sa mère ne suscite en elle même pas une seule larme (comme le fait d'ailleurs remarquer un des personnages)

4. Comment expliquer que la même Cylinia (qui n'a que 7 ans !) soit capable de distribuer des beignes presque à la manière d'un Obélix ? (bon, j'exagère , mais tout de même... est-ce dû à son hérédité d'hybride ? Rien n'est confirmé dans ce sens). On pourrait d'ailleurs aussi évoquer son exceptionnelle (invraisemblable ?) maturité d'esprit.

5. Quel était au juste le projet du Grand Cornu lorsqu'il a engrossé Léana Roquebrune ?
Parce que bon... c'est assez confus à la lecture. Créer une génération d'hybrides humains/stryges pour la survie de son espèce ? C'est ce j'avais pensé tout d'abord... jusqu'à ce que ce même Cornu se serve de l'hybride Abeau en vue de transférer son esprit dans le corps du garçon (si j'ai bien compris) afin de se libérer de la prison souterraine où l'ont relégué ses semblables.
A t-il changé de plan entre-temps ou bien avait-il déjà planifié cette libération in corporem ?

6. Pourquoi faire apparaître le Petit Peuple (fées, gnomes, kobbolts, etc... etc...) dans une mythologie qui ne devrait avoir (comme dans la série-mère) comme créatures que les stryges et rien que les stryges ? Car, du coup, les stryges perdent de leur singularité, de leur statut de créatures d'exceptions, pour n'être plus que des créatures fantastiques parmi tant d'autres ? Je dois dire en tout cas que voir des petites fées, des p'tis lutins et autres marmousets folkloriques (et pourquoi pas des licornes et des bonhommes en pain d'épice, tant qu'on y est ?) dénote dans la mythologie strygienne.
J'imagine déjà Debra Faith montée sur une licorne

7. Pourquoi, à la fin, après avoir tous les deux subit la "morsure d'oubli" des stryges, Abeau se réveille quelques jours plus tard et sa soeur Cyrinia... sept ans plus tard !

Why ? Why ? Why ? Les voies d'un scénariste sont parfois impénétrables
Ma relecture fut régulièrement ponctuée de questions de ce genre et c'est très pénible de buter sans arrêt sur ses approximations/invraisemblances concernant les réactions des personnages ou l'intrigue générale. Est-ce dû au fait que Corbeyran travaille/travaillait sur tellement de séries qu'il ne s'attache pas aux détails ou écrit comme bon lui semble ce qui lui passe par la tête sans se poser de questions ?
L'ennui, c'est que, pour le lecteur, le diable (ou le Grand Cornu si l'on préfère) se cache dans les détails.

Prochainement, lors de ma relecture du Siècle des Ombres, j'aurai probablement une autre série de questions tout aussi gênantes car je me souviens avoir tiqué sur le même genre de détails lors de ma première lecture.

A suivre, donc...
Et, à défaut d'avoir l'auteur lui-même pour éclaire ma lanterne, je serais ravi d'avoir de la part de lecteurs quelques éléments possibles de réponses ou d'hypothèses.
Vorpalin
BDébutant
BDébutant

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Vorpalin
de Vorpalin
Ven 30 Sept 2016, 22:25
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Comme en réponse à mes propres questions, j'ai lu une interview de Corbeyran et notamment, à propos de la saga des Stryges et de certaines invraisemblances, ce passage qui m'a semblé autant éclairant qu'agaçant de la part du scénariste :

BDthèque : Dans ce tome 11, au détour d’une conversation, on apprend que les stryges peuvent à volonté étirer leur corps, ce qui explique l’évasion de l’un d’entre eux dans le premier tome. Les grincheux vont parler de pirouette scénaristique. [...]

Corbeyran : On ne va pas épiloguer là-dessus. Oh et puis si, tiens, épiloguons un peu pour voir. La notion de pirouette est variable, c'est comme les goûts et les couleurs. J'aime pas le vert. J'aime pas l'amer. Là, c'est plutôt : on y croit ou on n’y croit pas. Tel événement sera considéré comme une pirouette par certains, et pas par d’autres. N’importe quelle fiction peut être considérée comme un ramassis de pirouettes. Pourquoi nous reprocherait-on à nous ce que le cinéma américain se permet depuis des lustres sans que personne ne s’en offusque ? Il y a un côté « petit tribunal », c'est pathétique. Pour en revenir à cette évasion spectaculaire sujette à caution, je dirais seulement ceci : si je m’étais abstenu de révéler la méthode que vos grincheux ont trouvé limite, ces mêmes grincheux auraient râlé en disant que je ne donne aucune explication.
Que faire ?


On sent que le scénariste (comme tout auteur ?) ne veut pas qu'on l'emmerde avec ce genre de remarques (pourtant légitimes si on est un lecteur attentif qui ne met pas son cerveau au placard quand il lit une BD ou un livre).
On appréciera, en passant, que ces mêmes lecteurs soient qualifiés de "grincheux".
Le qualificatif est commode. En somme, le lecteur qui a un cerveau serait un chieur, un casse-couille, un "carrément méchant, jamais content", un esprit pinailleur, etc... alors que le "bon" lecteur serait, à l'inverse, celui qui ne se pose aucune question et accepte toutes les bourdes commises par un scénariste.

Pour finir, à la question "que faire ?" que pose Corbeyran, j'aurais envie de dire : "hé bien... peut-être éviter de prendre des directions scénaristiques spectaculaires mais qui ne peuvent mener qu'à des impasses et être, de ce fait, obligé d'avoir recours à des pirouettes" !
Laurent
de Laurent
Dim 02 Oct 2016, 10:30
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Salutations !

Je pense que tes questions sont tout à fait légitimes et suis certains qu'il existe des réponses (qui tiennent ou non la route ). Pour la couleur des stryges par exemple, on peut imaginer que c'est une question de climat différent en Europe et en Amérique, une question d'époque moyen ageuse ou contemporaine, d'évolution de l'espèce qui mute pour survivre ou qui vieillie, l'effet robe bleue et noire que certains voient blanche et dorée (ou le contraire ) ... Personnellement je pense que c'était juste une volonté de distinguer les stryges de Michel Suro qui sont rouges dans le clan de chimères, de ceux de Guérineau qui sont bleus/noirs dans le Chant des Stryges et de ceux de Charlet/Horne qui sont noirs dans le Maître de jeu

Quelques soient les réponses apportées elles seront de toute façon contestables ou si elles te conviennent, ne convaincront pas d'autres lecteurs. C'est à mon sens comme le fait de pouvoir étirer leur corps mentionné dans l'interview. Ce qui m'amuse beaucoup au demeurant, car les lecteurs sont prêts à accepter qu'il existe des êtres surnaturels qui influencent l'histoire de l'humanité depuis l'aube des temps, qu'ils soient grands, ailés, télépathes, capables de prédire tous les futurs possibles, mais... qui aux yeux de certains perdent toute crédibilité s'ils peuvent s'étirer pour passer par un conduit d'aération

Le fantastique et le surnaturel oui, mais sans franchir certaines limites ! Les scénaristes doivent donc se rapprocher de cette frontière propre à chaque lecteur pour rendre leur récit intéressant, sans jamais la dépasser au risque de perdre le crédit qu'ils avaient obtenus jusque là.
Le terme "grincheux" (qui a été suggéré par les interviewers ), qualifie selon moi les pinailleurs qui trouvent encore et toujours à redire sur les réponses apportées, quelles qu'elles soient, et qui font que les auteurs n'essayent plus de se justifier ou de répondre à des questions légitimes

Mais peut-être aura-t-on un jour des réponses à ces questions à l'occasion d'une interview, une dédicace, ou au passage d'un auteur sur le site
Vorpalin
de Vorpalin
Mer 05 Oct 2016, 03:05
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J'ai souvent réfléchi à ce problème (et j'en ai souvent discuté) et c'est pourquoi je prends la balle au bond

Disons qu'il y a une nuance à faire entre une logique qui est propre au fantastique (car le fantastique crée sa propre logique) et une logique qui est d'ordre narrative.
Celle du fantastique n'a pas à être discutée (puisque, encore une fois, le fantastique crée sa logique et que celle-ci, n'étant pas de l'ordre du rationnel et du réel, on peut tout inventer). Par contre, les problèmes de logique narrative sont plus... problématiques, justement. Que les histoires racontées soient fantastiques ou réalistes.

Pour Corbeyran et la saga des Stryges, le problème pour moi se résume à deux mots : nécessité scénaristique. Et cette nécessité sacrifie souvent toute vraisemblance, que ce soit dans les situations ou le comportement des personnages. Toutes les situations incrédibles de cette saga (et il y en a beaucoup et particulièrement dans la désastreuse saison 3 du Chant) s'expliquent par cette nécessité scénaristique.
Concrètement, voilà ce que l'on peut imaginer du processus : un auteur à l'idée d'une scène. Pour rester dans l'exemple pris par Corbeyran : un stryge doit s'échapper de la pièce (sans fenêtres) d'une morgue. Nous parlons bien ici d'une créature de 3m de haut, à la masse musculaire conséquence, de même que l'envergure d'ailes. C'est la nécessité scénaristique. Cette nécessité est la suivante : surprendre le lecteur et créer un impact sur son imagination. Très bien.
Reste la question que le lecteur se pose tout de même, une fois la stupeur passée : le comment ? Et le scénariste, soit par paresse, soit parce qu'il est incapable de l'expliquer, soit parce qu'il s'en fiche, de ne pas donner une explication plausible. Ou, comme dans ce cas-ci, de la donner... 10 ans plus tard et, n'en déplaise à Corbeyran, effectivement par une pirouette : "mais c'est parce que les stryges sont capables d'étirer leur corps, bien sûr ! Vous ne l'aviez pas compris ?" (réponse du lecteur : hé bien non puisque rien n'a jamais été dit ou montrer dans ce sens avant le tome 11).
Je signale, en passant, que cet exemple renvoie aux fameuses énigmes de chambre close, rendue célèbres par des auteurs comme Gaston Leroux (dans Le mystère de la chambre jaune par exemple) et bien d'autres. Sauf que ces auteurs, eux, livraient une explication qui se tient, même si elle est souvent tarabiscotée.
Mais je ne voudrais pas trop insister sur cette scène de la morgue car ce n'est pas, pour moi, la plus pénible.

En fait, je crois avoir rarement noté autant d'invraisemblances, d'incompréhensions, d'ellipses, aberrations comportementales de la part des personnages, d'illogismes et tutti quanti que dans cette saga des stryges. Mais je voudrais surtout évoquer ici la saison 3 qui atteint souvent des sommets de n'importe quoi en la matière.
Et pour ne prendre qu'un exemple parmi les plus flagrants (si quelqu'un à une réponse, je suis preneur) :

Comment expliquer la décision totalement invraisemblable, incompréhensible, insensée et surtout en contradiction complète avec la personnalité du personnage (tel qu'on la connaît) d'Abeau de Roquebrune d'engager (avec une étonnante désinvolture) un psychopathe sadique aussi incontrôlable que Sinner (ce personnage qui, j'ai déjà eu l'occasion de le dire - et la lecture des derniers tomes me l'a hélas douloureusement confirmé - fout en l'air toute la saison 3) ?
Abeau a toujours été un homme raisonnable, pondéré et doté d'une solide conscience morale (contrairement à sa soeur ^^). De plus, lorsque l'on engage un tueur/un "exécuteur des basses oeuvres", comme on dit, on opte pour un homme qui peut-être relativement digne de confiance (argent à la clé, bien sûr), un " ro", tueur à gage ou mercenaire (comme le lieutenant Reese dans la saison 2 par exemple) et certainement pas un type complètement désaxé dont la seule motivation est de torturer et tuer.
Et si l'on me dit que c'est la nature d'hybride de Sinner qui explique la décision d'Abeau, je ne vois pas en quoi choisir un hybride (qui plus est détraqué) est plus pertinent que de choisir un homme de main qui serait davantage plus digne de confiance. En fait, le statut d'hybride de Sinner n'a pas, à mon sens, de rôle dans sa traque.
Hors, il ne s'agit pas ici d'un exemple anodin.

Car la décision surréaliste d'Abeau (d'abord de faire évader Sinner de sa prison et ensuite de l'engager) impacte TOUTE la saison 3 ! A la fois dans son déroulement narratif mais aussi dans le ton général de la saison, passablement nauséeuse et qui fait sombrer le Chant dans les eaux bourbeuses du thriller sanglant bas de gamme. Mais soit... passons sur ce détail, qu'évoquait ailleurs Tatie Danielle. Par ailleurs, Abeau va même jusqu'à accepter (tout aussi facilement) de livrer le Dr Shelton en pâture à Sinner.
Le vrai problème reste que cette décision invraisemblable est le premier domino qui fait tomber tous les autres. Et comment l'expliquer ?
Hé bien, là encore : par simple nécessité scénaristique plutôt que par vraisemblance. Corbeyran voulait manifestement qu'un psychopathe sadique joue un rôle important dans la saison 3 (quels que soient ses raisons car j'aimerais bien comprendre la pertinence d'un tel personnage - sorte de moissonneuse-batteuse qui fauche tout sur son passage et à commencer par l'intrigue - dans le corpus strygien). A partir de là, il fallait inventer les raisons qui expliquent son évasion planifiée et, ensuite, son implication dans l'histoire.
Au mépris de toute vraisemblance et dont le pauvre Abeau fait les frais (et il n'est pas le seul) en le faisant agir à l'inverse de sa personnalité.

Et, pour rester sur Abeau et Cylinia, comment expliquer l'incompréhensible (là encore !) naïveté avec laquelle ils négocient avec Sinner ? Abeau et Cylinia sont des êtres très intelligents, à l'esprit retors, qui totalisent des siècles d'expérience et, notamment, de multiples affrontements (suggérés) avec un "génie du mal" comme Sandor G. Welman.
Je suppose que tu as lu, Laurent, le navrant (dans tous les sens du teme ^^) tome 16 et cette scène finale aberrante concernant Cylinia et Abeau. Cette scène me reste encore au travers de la gorge, non pas tant par sa barbarie que (on y revient encore) son manque de logique : comment croire que les Abeau et Cylinia que je viens de décrire aient été aussi stupidement naïfs pour ne pas "assurer leurs arrières" face à un psychopathe tel que Sinner ? Le duo constate, ébahit, qu'on ne peut se fier à un psychopathe. Quelle surprise !
Seraient-ils devenus complètement gâteux ?

S'il y a bien une chose que je ne supporte pas dans une fiction, c'est quand l'auteur rend ses personnages plus stupides qu'ils ne le sont pour développer sa narration avec facilité. Et là encore au nom de la nécessité scénaristique. Abeau et Cylinia devaient être évacués de la série. Qu'importe les moyens employés. Qu'importe si ces personnages marquants de la saga (je rappelle qu'on les suit sur trois séries !) multi-centenaires, intelligents et aguerris se font avoir comme des bleus.
Et je passe sur le comportement des autres personnages principaux de cette saison 3 (Debra, Nivek, Jill) qui sont aussi souvent difficiles à comprendre (voir, à ce sujet, les deux critiques plus bas)

Voici deux extraits de critiques du site PlaneteBD sur les tome 16 et 17 qui reflètent parfaitement mon sentiment :


pour le tome 16 :

Le scénario de ce tome 16 demeure dans une lignée proche du précédent : distrayant et correctement rythmé, mais il reste dans un registre pépère de série B, loin du souffle véritablement tripant de certains tomes. Notamment, on peine à saisir la direction des personnages, aux motivations soit floues, soit changeantes. Le héros Kevin Nivek n’est plus que l’ombre de lui-même (certes, il en a bien bavé, le pauvre). Quant à son alter-ego féminin Debrah, héritière d’une formidable puissance financière, scientifique et des gènes de Stryges, elle semble incertaine du vaste dessein qui devrait être le sien. Ses prises de décisions restent souvent énigmatiques et elle ne se transcende pas lorsqu’elle doit résoudre les problèmes – ce qu’on attend d’un leader héroïque. En atteste sa relation conflictuelle à deux balles avec Tom… ou son inexplicable prise de distance avec Nivek. Corbeyran cède encore à d’autres moment à la facilité : Jil pardonne trop facilement à Nivek ; et quid du mâle Stryge ?


pour le tome 17 :

Décidément, le grand dénouement (en cours) de cette puissante saga fantastique, débutée il y a presque 20 ans, surprend autant qu’elle déçoit. Nous ne révèlerons évidemment pas la surprise majeure de cet avant-dernier épisode, qui se déroule sur 12 planches finales muettes et choc (encore une fois)… Mais avouons tout de même qu’on reste curieux de voir comment Corbeyran va rebondir après « ça », dès la première planche du 18ème et dernier tome, à venir. En attendant, les protagonistes convergent tous vers la fameuse grotte des Stryges située au fin-fond de la forêt amazonienne. Les uns pour tout faire sauter (Debrah, Chrys et Tom). Kevin Nivek et Jill pour présenter à la famille stryge leur dernier-né issu d’une procréation artificielle. A ce sujet, notons l’hallucinante et gratuite réconciliation entre Kevin et Jill, non expliquée et entièrement passée sous ellipse. Rappelons que lors de leur dernière apparition commune, Kevin collait tout de même une balle dans l’oreille de Jill… Enfin l’immonde Sinner est évidemment toujours au générique : après avoir pour le moins affaibli le couple Roquebrune, il se confronte au dernier hybride, pour boucler l’hécatombe qu’il s’est fixé. Concernant cet hybride, Corbeyran déçoit encore en faisant un cross-over avec une autre ancienne série issue de l’univers strygien, et pas la meilleure. Bref, les rebondissements ne sont pas franchement inspirés…

En passant, je suis également dépité par cette réutilisation facile (et peut-être mercantile ?) du personnage d'Asphodèle, d'autant que je n'ai pas lu cette série (j'en explique les raisons plus bas) et que je ne comprends donc pas la raison d'être, de même que le retour du Cornu que, pour ma part, j'avais quitté au XVIIIiè siècle dans le dernier tome du Siècle des Ombres.
Bref, à l'agacement des invraisemblances notées sur lesquels je ne cesse de buter lors de ma lecture s'ajoute la frustration de ne pas comprendre cette partie.
Mais de toute façon, ce sont au moins les quatre derniers tomes de la saison 3 qui accumulent les scènes difficilement compréhensibles, les changements trop subits, les nombreux flous, les décisions étranges, etc... etc...

On aura remarqué (j'en suis désolé) ma véhémence sur le sujet mais je suis vraiment en colère contre Corbeyran, comme jamais je ne l'ai été envers un auteur.
En colère, dépité et triste.
Comme beaucoup, je suis Le Chant des Stryges depuis ses débuts (20 ans tout de même !). J'ai lu les séries dérivées suivantes : Le clan des chimères, Le siècle des ombres et Le maître de jeu (j'ai fait l'impasse sur Les Hydres d'Arès et Asphodèle tant les critiques que j'ai lues étaient négatives et dont le lien avec la mythologie des stryges est pour le moins ténu).
Bref, je me suis im-pli-qué dans cette saga.
Et je ne parle même pas de l'argent investi (36 albums quand même ! au prix où sont les BD actuellement). Et pour constater au final que tout part en eau de boudin.
Ironiquement, Le Chant des Stryges eut parmi ses influences la série X-Files. Une série dont chacun sait aujourd'hui (tout comme pour Lost) qu'elle tourna en grand n'importe quoi à force de trop tirer sur la ficelle (inutile de parler de la tardive saison 10 qui l'est effectivement, inutile). Le Chant des Stryges connaît pour moi aujourd'hui le même destin (même si pour des raisons différentes).

Alors, qu'on me place dans la catégorie des "grincheux" si l'on veut mais je ne pense pas être le seul à remarquer (il faut dire que la chose est flagrante) que cette saison 3 a bien du mal à convaincre. Et que ce pénible constat a un impact sur tout le reste de la saga. Franchement, je ne sais pas si j'aurai encore l'envie de la relire, toutes séries confondues, après un tel naufrage. Et je ne suis pas d'accord (comme voudrait le faire croire Corbeyran lui-même dans l'interview) que le problème est uniquement "subjectif".
Et si c'est effectivement le cas, j'attends les arguments de ceux qui, en toute honnêteté, ont trouvé cette saison 3 formidable ou même tout simplement passable ! Et puissent m'expliquer les invraisemblances criantes dont j'ai parlé (et bien d'autres que je n'ai pas évoqué par manque de place).

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